Le salariat

MON ENGAGEMENT. En solidarité aussi, on peut être salarié ! Allier ses compétences professionnelles et ses valeurs, c’est possible et ce, dans une grande variété de métiers, à la fois en France et à l’international.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un salarié ?

Un salarié est un travailleur subordonné, réalisant une tâche pour le compte de son employeur. Il reçoit un salaire en échange du travail effectué.

Le salariat est un statut régi par le Code du travail : celui-ci précise les obligations du salarié, mais aussi la protection dont il bénéficie à l’égard de son supérieur. Quelques exemples d’obligations à définir entre le salarié et l’employeur : la durée légale de travail, le salaire, le type de contrat (par exemple, CDD/CDI), les jours de repos hebdomadaires ou exceptionnels.

Et en solidarité ?

Il est fondamental de garder à l’esprit que les problèmes, et donc les besoins, en France ou à l’étranger sont souvent les mêmes, plus ou moins exacerbés par des contextes climatiques, politiques, sociaux, technologiques. Les populations ont cependant les mêmes besoins vitaux : se soigner, boire, manger et se loger.  C’est pour répondre à ces besoins vitaux que les premiers gestes de solidarité sont organisés tant en France qu’à l’étranger, mais avec des degrés d’urgence parfois différents. Au-delà de ces besoins vitaux, les acteurs de la solidarité prennent en charge d’autres besoins, moins visibles mais tout aussi indispensables au développement de l’être humain et de la vie en société comme l’éducation, l’insertion sociale, la protection de l’environnement ou encore le respect des droits fondamentaux et le tissage de lien social.

Si l’engagement des bénévoles reste évidemment nécessaire pour mener des actions de solidarité, on constate qu’une forte professionnalisation s’est opérée ces vingt dernières années, qui a soutenu le développement de postes salariés. Pour s’engager en solidarité, quel que soit le statut visé (bénévole, volontaire, salarié, stagiaire), il sera généralement demandé un esprit ouvert et des capacités relationnelles, ainsi qu’une réelle volonté d’engagement. Pour les postes salariés, comme dans la plupart des secteurs, une expérience et des qualifications spécifiques seront demandés, correspondant au poste visé.

Agir en France : les métiers de la solidarité locale

Pour exercer localement, en France par exemple, les salariés des ONG ou associations travaillent au sein des sièges. Le siège est, selon le dictionnaire Larousse, « l’endroit où est installée la direction d'une société, d'une association, d'une entreprise » : par exemple, le siège de l’association Action contre la Faim se trouve à Paris.

Les postes de salariés dans le secteur de la solidarité couvrent un large panel, on peut retrouver par exemple des chargés de ressources humaines, des chargés de communication, des coordinateurs de programme "desk", des comptables, des juristes, etc.

D’autres engagements salariés en solidarité locale sont possibles, voici quelques exemples de secteurs où l’on en trouve :

  • Dans le social : secteurs de l’éducation, du social, de l’aide, du conseil, de l’insertion, de l’orientation.

Exemples : assistant de services sociaux, enseignant, éducateur, agent de développement local

  • Dans les métiers de l’éducation au développement et à la citoyenneté mondiale. Ce secteur recouvre l’ensemble des initiatives qui visent à sensibiliser le public sur différentes thématiques liées au développement (expositions, ateliers, événements, jeux pédagogiques…).

Exemple : Chargé d’éducation au développement et à la citoyenneté mondiale

  • Dans l’environnement, l’agriculture, le tourisme solidaire, la protection et la préservation des territoires. Différents projets locaux ont vu le jour et nécessitent aujourd’hui des ressources humaines importantes.

Exemples : animateur environnement, conseiller en énergie, ingénieur sanitaire

Agir à l’international : les métiers de la solidarité internationale

Pour remplir leurs missions d’urgence, de réhabilitation ou de développement, les associations/ONG font appel à des métiers qui existent déjà et les adaptent aux contextes dans lesquelles elles interviennent. On distingue trois catégories :

  • Les fonctions supports : métiers qui vont servir d’appui à la réalisation des projets. Par exemple, il y a les logisticiens, les administrateurs des services ressources humaines et finances...
  • Les fonctions techniques, qui dépendent du projet mené sur le terrain par l’association. On retrouve les médecins, les architectes, les kinésithérapeutes…
  • Les fonctions de coordination : métiers impliquant une forte dimension managériale et de supervision comme les coordinateurs des programmes, des projets…

Débats et réflexion.

  • La « professionnalisation » de l’humanitaire et de la solidarité : pourquoi ?

Pour les organisations solidaires, qu’elles agissent en France ou à l’international, qu’elles fonctionnent avec des bénévoles, des stagiaires, des volontaires et/ou des salariés, la professionnalisation est une évolution à la fois choisie et subie :

- une évolution choisie parce que les organisations veulent s’assurer de la qualité de leurs actions. Elles exigent aussi une gestion plus rigoureuse de leurs ressources. Dans ce sens, elles multiplient les évaluations et études d’impact.

- une évolution subie car les contextes d’intervention sont de plus en plus complexes. Les exigences des bailleurs de fonds (c’est-à-dire des structures qui donnent de l’argent à l’ONG/association) et le souci de transparence vis-à-vis des donateurs sont autant de paramètres auxquels les organisations doivent répondre avec professionnalisme.

  • Travailler dans la solidarité internationale : moins d’expatriés occidentaux ?

Un expatrié est, selon le dictionnaire Larousse, un « salarié qui exerce son activité dans un pays autre que le sien ». Or, les Organisations Non Gouvernementales embauchent désormais majoritairement des salariés nationaux, c’est-à-dire des habitants du pays où a lieu l’intervention. En moyenne, 80% du personnel sur le terrain sont des salariés de droit national, seulement 20% étant des salariés expatriés.

Dans les pays confrontés à des crises ou des situations difficiles, on constate que de plus en plus d’associations nationales émergent et travaillent localement, sans activités internationales et sans expatriés. Par conséquent, certains besoins précédemment couverts par des ONG occidentales sont à présent pris en charge par des structures locales.

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Cet article a été écrit en collaboration avec l'Institut Bioforce

L’Institut Bioforce est l'école humanitaire de référence pour ceux qui souhaitent agir au plus près des populations vulnérables. Il accompagne depuis plus de 30 ans les acteurs engagés dans l’humanitaire et le développement : chaque année, plus de 2500 personnes concrétisent leur engagement avec Bioforce.

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