Microfinance

DOMAINES. Emprunter de l’argent, épargner, s’assurer… Comment faire quand on est pauvre ? La microfinance cherche à répondre aux besoins et contraintes spécifiques des populations exclues du système bancaire classique.

Contexte 

La microfinance, pourquoi ?

Une personne pauvre a des revenus irréguliers et imprévisibles. Or, le Portail de la microfinance nous explique que, pour accéder aux produits financiers de base (crédit, épargne, transferts d’argent, assurance), cette personne pauvre peut être confrontée à des tarifs extrêmement élevés, à des solutions peu sûres et proposées par des personnes sans scrupules.

Les gens vivant dans la pauvreté ont donc besoin de pouvoir accéder à une large gamme de produits et services financiers personnalisés en fonction de leur situation.

La microfinance, qu’est-ce que c’est ?

La microfinance a pour objectif de fournir des services financiers adaptés à la population pauvre : micro-crédit, micro-épargne, transferts nationaux et internationaux et micro-assurance. Elle permet à ces personnes de développer ou de créer une activité génératrice de revenus, de vivre de leur travail, d’épargner et ainsi de pouvoir surmonter des problèmes ponctuels (maladie, décès, vol, catastrophe naturelle, etc.) et globalement  d’améliorer leurs conditions de vie. Ces produits financiers doivent pouvoir être proposés à des prix raisonnables et à moindre risque.

Le terme de microfinance était à l’origine étroitement lié au microcrédit (c’est-à-dire de très petits prêts accordés à des emprunteurs non-salariés ayant des garanties limitées). Ce terme a depuis évolué pour couvrir toute une gamme de produits financiers (épargne, assurance, paiements, transferts d'argent, etc.) et non financiers. Les bénéficiaires peuvent ainsi recevoir des formations (comptabilité, bonnes pratiques, etc.), être sensibilisés à des pratiques sanitaires. Tout au long du micro-crédit, ils sont aussi accompagnés par un agent de crédit. A la différence du système financier classique, c’est donc une finance de proximité à vocation sociale, dans laquelle il y a un contact direct entre les institutions de microfinance (voir exemples ci-dessous) et leurs clients. Le crédit est accordé en fonction de la faisabilité et de la rentabilité économique du projet. Les garanties demandées sont différentes : elles se basent sur la solidarité, en particulier via des « cautions solidaires ». 

Lors de situations de post-urgence, par exemple dans un pays qui a été touché par une catastrophe naturelle, la microfinance permet aux associations et ONG de relancer l'entrepreneuriat local et l'économie. L’objectif est double : social et  d’équilibre économique. Plus d’infos à ce sujet sur le Portail de la microfinance

Un exemple ?

L’organisation de solidarité internationale Positive Planet a constaté que l’accès à des produits de micro-assurance adaptés aux populations pauvres était très limité au Népal, dans les milieux ruraux : elle apporte une assistance technique pour développer des produits de micro-assurance pour les Institutions de MicroFinance népalaises afin que leurs bénéficiaires locaux aient une protection durable et adaptée à leurs besoins.

Et en France ?

L’Association pour le Droit à l’Initiative Économique (ADIE) aide par exemple les personnes n'ayant pas accès au crédit bancaire à créer leur entreprise.


Evolution 

La microfinance a été inventée sous sa forme actuelle par la Grameen Bank au Bangladesh (fondé par Muhammad Yunus, économiste bangladeshi) dans les années 70.

D’après le baromètre de la microfinance de 2014, cet outil de développement a permis d’octroyer en 2012 81,5 milliards de prêts dans le monde.

Au niveau mondial, l’étude constate encore de grandes inégalités : dans les pays dits développés, seulement 11% des adultes sont non-bancarisés contre 59% (plus de la moitié !) dans les pays en voie de développement. On estime à 500 millions le nombre de porteurs de projets qui attendent encore un financement, selon la fondation PlanetFinance.


Acteurs 

Il existe une grande variété d’Institutions de microfinance (IMF) :

  • des coopératives : créées par les bénéficiaires eux-mêmes, qui sont épargnants et emprunteurs de l’institution
  • des banques de microfinance : entièrement ou partiellement dédiées à la microfinance
  • des associations/ONG spécialisées dans la microfinance : collectent des fonds par donations ou par emprunts et octroient des crédits aux micro-entrepreneurs
  • certaines banques commerciales privées : créent en direct des activités de microfinance (« downscaling »).

Ces IMF sont le plus souvent locales, comme la Grameen Bank au Bangladesh ou la Bancosol en Amérique du Sud. Ces instances locales sont secondées par des associations à caractère plus international, comme Positive Planet.

D’autres acteurs :  

  • L'association Entrepreneurs du Monde défend une approche résolument sociale de la microfinance, en étant présente au sein des zones les plus défavorisées des pays en développement et en proposant aux plus pauvres des prêts adaptés à leurs besoins sans leur demander de garantie. Ses services financiers sont systématiquement accompagnés de formations à la gestion d'une activité génératrice de revenus (éviter le surendettement, gérer son budget, gérer ses stocks, etc.) et de sensibilisations sur des thématiques sociales (prévention du SIDA et du paludisme, droits de la femme, etc.).
  • Babyloan.org...

Métiers

Domaine en expansion, la microfinance crée des emplois localement. Les postes à l’international sont beaucoup moins nombreux, les exigences de formation et d’expérience sont plus strictes.

On retrouve tous les métiers classiques et de terrain liés à la finance (auditeurs, contrôleurs de gestion...), avec comme différence l’objet social et solidaire du poste. Les formations en gestion, finance et marketing sont les mieux adaptées pour travailler dans ce domaine.

Quelques exemples : Conseiller Accompagnement (local), Consultant en microfinance (local et international), Expert en microfinance (local et international)

Plus d’infos à ce sujet ? Visitez la rubrique "En faire mon métier"

En savoir plus


Sur Internet​  A lire
  • Le guide de la micro-finance : micro-crédit et épargne pour le développement, J. Hajdenberg, C. Poursat, S. Boye (Editions d’Organisation, 2006)
  • Voyage au cœur d’une révolution : la micro-finance contre la pauvreté, P. Lima (Editions J-C de Latter, 2007)
  • La micro-finance : un outil de lutte contre la pauvreté ?, Problèmes Economiques N°2928 (La Documentation Française, juillet 2007)

Cet article a été écrit en collaboration avec Entrepreneurs du Monde. Cette association agit auprès des populations des pays en développement. Elle appuie notamment des personnes en grande précarité dans leurs propres initiatives économiques : microfinance sociale, entrepreneuriat social, création de très petites entreprises…

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